Morphologie et position du corps

Bien entendu, l’étude médicale ne peut donner l’identité de ce supplicié. Il faut pour cela étudier, recouper et synthétiser l’ensemble des études scientifiques et les confronter à l’étude des Évangiles Canoniques pour émettre un avis.
Mais il est avant tout une chose qu'il ne faut pas oublier. Quelles que soient les polémiques ou discussions sur le linceul, qu'il soit oui ou non le linceul de Jésus de Nazareth, une chose reste certaine et absolue, nous avons en face de nous un linge qui nous montre le corps d'un homme mort après avoir subi des tortures psychologiques et physiques d'une atrocité que seule la nature humaine est capable d’inventer : les discussions et analyses que nous allons étudier ne doivent pas masquer les souffrances et la mort atroce endurées par cet homme.
C'est dans une fin de vie humiliante et tragique, dans la souffrance et la torture que cet homme a fini sa vie... il ne faut pas l'oublier.
Ce point étant fait, nous allons donc étudier maintenant ce que le linceul révèle comme information quant à la façon dont est mort cet homme, ce qu'il a subi avant et après sa mort et si cela nous renseigne sur son identité.
Morphologie et position du corps
Commençons par une vue d'ensemble, et s’il est possible de déterminer l'origine ethnique de cet homme ainsi que la position de son corps dans le linceul.
Il s'agit d'un homme avec un corps athlétique qui a entre 30 et 40 ans, il fait environ 1m 78 pour 77 kilos et certains éléments laissent penser qu'il est de type méditerranéen.
Il a les cheveux longs et porte moustache et barbe taillée en deux pointes. Il est nu et recouvert sur l'ensemble du corps de traces de coups et de flagellation ainsi que de plaies multiples.
On le voit de face et de dos dans une position couchée mais non naturelle pour un cadavre allongé. On verra par la suite pourquoi.
Mais un détail important vient nous renseigner un peu plus sur son identité ou du moins sur son origine ethnique.
Sur l'empreinte du dos, on peut voir qu'il porte des cheveux longs attachés en queue-de-cheval jusqu'au bas des omoplates. L’image de cette queue de cheval est assez nette mais certains chercheurs penchent plutôt pour un artéfact produit par une bande claire (sur le négatif). Nous avons vu en effet que le linceul est fait d’un entrecroisement de bandes horizontales et verticales de couleurs légèrement différentes qui peuvent être à l’origine d’interprétations erronées de l’image. Un autre exemple typique est la bande sombre verticale située le long du visage qui a donné lieu à diverses interprétations comme l’existence d’un lien entourant le visage (le sudarium). Diverses techniques de traitement de l’image montrent qu’en fait l’image est bien présente dans cette bande sombre. Quoi qu’il en soit, l’existence de cette structure particulière du linceul en bandes incite à la prudence dans l’interprétation. On parle alors d’effet « banding ».
Continuons la description.
Il a les mains croisées sur le pubis, les doigts longs et les pouces non visibles, les genoux légèrement fléchis, les pieds en hyper-extension.
Pourquoi cette position apparemment non naturelle ?
En raison, pensent les médecins, de la rigidité cadavérique due à une mort violente qui est susceptible d’apparaître rapidement, voire en quelques minutes. Si c’est le cas, la position de ce cadavre était la position qu'il avait au moment de sa mort sauf au niveau des bras qui ont été ramenés dans la position que nous voyons en « cassant » cette rigidité cadavérique.
La rigidité cadavérique est tout à fait visible, par exemple sur l'image de face où on ne voit pas d'espace entre le torse et la tête (le cou y est donc invisible), alors que sur la face dorsale la nuque est comme allongée, ce qui indique que la mort est survenue alors que l'homme avait la tête en avant et les épaules plus hautes que la base du cou.
De plus, les études d'Isabel Piczek ont permis de trouver la position probable qu'avait le corps dans le linceul, et de démontrer que les disproportions relatives des mains, des bras ou de la tête par rapport à l'ensemble du corps, argument fréquent présenté par les opposants à un vrai linceul mortuaire, était due à une position particulière par rapport à une position complètement allongée et à plat : tout se passe comme si la tête et le tronc étaient légèrement surélevés et inclinés en avant, peut-être posés sur un support ou simplement raidis par la rigidité cadavérique.
Des études anthropométriques très fouillées ont été entreprises. Elles ont permis de démontrer que l’homme du linceul devait avoir une taille d’environ 1,74 m et que les index anthropométriques (en particulier le rapport de la longueur du tibia sur celle du fémur) sont totalement compatibles avec un corps réel alors que, par comparaison, le même index calculé sur trois reproductions peintes du suaire au xvie et xviie siècle est largement en dehors de la fourchette de probabilité. Ceci confirme ce que nous disent les spécialistes de l’histoire de l’art à savoir que les peintres de cette époque n’avaient pas les connaissances anatomiques et les techniques artistiques de projection nécessaires pour reproduire un corps humain réaliste. Enfin, la même étude indique que les caractéristiques anthropométriques de l’homme du linceul le rapprochent plus des populations sémites modernes que de tout autre groupe humain.
Conclusion
L’image de l’homme du linceul est compatible avec l’empreinte d’un homme réel de type probablement sémite mort de façon violente par crucifixion (nous verrons par la suite ce qui permet de le dire), et pour lequel la rigidité cadavérique se serait développée très rapidement après la mort avant la descente de la croix.
Vous pouvez retrouver l'ensemble des annalyses sur les blessures de l'homme du linceul et connaître les différentes hypothèses sur sa mort dans le livre sur le linceul de Turin.
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