Le Linceul de Turin ou Saint Suaire
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Les blessures de l'homme Saint Suaire


Etant donné que l'on sait maintenant que le linceul de Turin a bien renfermé le corps d'un homme mort et qu'il a été prouvé que les taches rouges étaient bien du sang (voir partie III chapitre 2
du livre), on peut regarder en détail les différentes plaies et blessures qui sont sur l'image du linceul.

Commençons l'analyse des blessures par celles de la tête et du visage. Voici ce que l’on observe :
- Tuméfactions des arcades sourcilières et de la joue gauche, ainsi qu’à la base du nez ce qui suppose une fracture du cartilage.
- Déchirure de la paupière droite.
- Enflure de la pommette droite avec une blessure en forme de triangle sous l'œil droit.
- Il manque peut-être l'extrémité droite de la moustache ainsi qu'une partie de la barbe toujours à droite. Mais il peut s’agir dans ce cas précis de l’effet “banding”(voir plus haut).

En continuant les analyses des blessures à la tête, on constate des coulées de sang sur le front et le cuir chevelu devant et derrière la tête.
Sur le haut du visage à la naissance du cuir chevelu on observe un gros caillot qui descend vers l'arcade sourcilière marquant les lignes du front et formant ainsi une sorte de «
3 » inversé. Cette blessure provient d'une veine frontale et le sang semble s’être écoulé lentement.
Sur la gauche, un écoulement qui part en deux coulées a des caractéristiques différentes et proviendrait peut-être d'une artère frontale superficielle, provoquant de petits jets de sang.
Sur
l'arrière de la tête, on observe en plus grand nombre d’autres coulées, provenant de perforations des petits vaisseaux sanguins du cuir chevelu, zone très vascularisée.
Les médecins ont tenté d’imaginer ce qui a pu causer ces écoulements de sang.

Lorsque l'on observe le corps de l'homme du linceul que ce soit de face ou de dos, on constate un
nombre impressionnant de marques, compris entre 100 et 120, qui ont pour la plupart une forme d'haltère d'environ 3 cm.
Ces petites plaies parallèles d'environ 1 cm de diamètres et séparées de 1,3 cm sont groupées généralement par 2 et disposées en éventail sur
l'ensemble du dos, des épaules à la région lombaires, ainsi que sur la poitrine, les membres inférieurs, et les fesses ce qui indique que l'homme était nu au moment où ces marques ont été faites.
Ces traces sont présentes sur environ 65 % de la surface du corps.

En continuant d'examiner le corps du supplicié du linceul, on peut remarquer sur le dos de celui-ci des blessures particulières.
Sur l'omoplate et le trapèze droit une sorte de plaque se prolonge sur l'épaule droite et sa clavicule.
Sur l'omoplate gauche, on retrouve ce même type de marque mais sur une surface moindre.
Ces blessures ressemblent à des excoriations c'est-à-dire qu'à ces endroits, des parties de peau ont été arrachées à la suite de frottements et d'écrasement, notamment sur les plaies déjà existantes dues à la flagellation.

Sur
les avants bras, on distingue des coulées sanguines obliques qui se dirigent vers les coudes. La main droite (1) ne fait apparaître que 4 doigts en hyper- extension et serrés entre eux.
Il manque le pouce.
La main gauche ne possède aussi que 4 doigts le pouce manque ici à l'appel, et les doigts sont semi-fléchis. Sur cette même main gauche au niveau du poignet, on remarque une tâche de sang avec 2 coulés importantes. Cette tâche provient d'un trou bien visible d'environ 8 mm de diamètre.
Le pouce gauche n'est pas visible, mais on ne peut pas dire s’il est sous le poignet droit comme si la main gauche encerclait ce poignet droit ou si ce pouce est placé sous la paume de la main gauche.
On remarque aussi que l'écoulement sanguin sur les avant bras possède
2 directions et que les angles par rapport à la verticale sont de 55° et 75° ce qui signifie, selon l’hypothèse la plus admise, que les avant-bras et donc le corps entier oscillaient entre 2 positions, une haute et une basse.
Les avant-bras étaient donc orientés vers le haut.

Le débat se situe au niveau de l'emplacement du clou.
Seul le poignet gauche nous montre la plaie faite aux « mains » par la crucifixion.
Mais il faut bien avoir en tête que nous ne voyons que l'endroit où est
sorti la pointe du clou et non l'entrée.

- La première hypothèse la plus connue et la plus souvent admise est celle du Docteur Pierre Barbet.
À partir de crucifixion de cadavres et de bras amputés, il plante un clou en pleine paume, et, selon ces tests, il constate que la peau des mains se déchire ne maintenant plus le corps contre la croix.
Il remarque alors que sur le linceul, la sortie du clou se trouve à un endroit particulier et cherche à le localiser dans le poignet et plus précisément dans la pliure de celui-ci.
Il trouve un espace assez solide pour soutenir le corps d'une personne et faire “disparaître” le pouce comme sur le linceul par rétraction spontanée de celui-ci dans la paume
Il trouve l'espace de “Destot” qui permet de maintenir un corps contre la croix et sans casser un seul os. De plus le passage de ce clou provoque une lésion et non une section du nerf médian ce qui provoque la rétractation automatique du pouce.

- La deuxième hypothèse est celle du Dr Frederik Zugibe (2), médecin légiste américain.
Pour lui, Pierre Barbet s'est trompé en choisissant l'espace de « Destot ». Il a fait une erreur, ne prenant pas en compte que ce que l'on voit sur le linceul n’est que la sortie du clou et non l'entrée, et il précise que l'espace de « Destot » se situe vers le petit doigt et non vers le pouce. La tâche de sang se situant donc pour lui vers un autre « espace » comme il pense l’observer sur le linceul.
Il propose alors un espace appelé "Zone Z" qui se situe pour l'entrée du clou dans la partie centrale du haut de la paume de la main.
Le clou traversant cet espace est coincé entre plusieurs os solides qui permettent de maintenir le corps contre la croix. Qui plus est selon le Dr Zugibe, le corps est aussi maintenu par la pression des clous sur les pieds.
D'après ses tests, le clou qui traverse cette espace dans le haut de la main gauche prend un angle d'environ 15° et ressort exactement à l'endroit que l'on peut observer sur le linceul.
Donc le maintien du corps par les clous situés dans le haut de la paume et par les pieds, est tout à fait possible selon ses tests.
Enfin l'absence de pouce sur le linceul est pour lui la manière naturelle de poser une main sur l'autre et que ce n'est en aucun cas une rétractation forcée du pouce par le frottement du clou sur le nerf médian.

Examinons maintenant les blessures au niveau des pieds.

Sur l’empreinte de face :
Les deux membres inférieurs sont serrés. Les empreintes de la cuisse et du genou gauche sont plus visibles que celles du côté droit. Le genou gauche est un peu plus haut et plus en avant que le droit mais celui-ci présente des excoriations plus visibles et importantes.
Sur l’empreinte de dos :
Les deux pieds, orientés vers l'intérieur, se croisent, le gauche devant le droit.
L'image du pied droit est plus visible ce qui signifie qu'il était pratiquement posé à plat sur le linceul et donc en hyper extension par rapport à la jambe, une position assez particulière qui démontre bien que l'homme n'était pas couché strictement à plat dans le linceul.

On distingue nettement 2 traces de sang, l'une au talon l'autre plus bas vers la plante du pied.

Par contre le talon du pied gauche est plus haut que celui du droit, il possède aussi une tache qui part vers l'extérieur.
La jambe droite est plus étendue que la gauche.
Première conclusion, l'homme du linceul était couché sur le dos sa tête son tronc ses fesses et son pied droit appuyait sur le linceul et les cuisses et les jambes étaient légèrement fléchies.
En continuant d'observer le pied droit on distingue une tache ronde au niveau du talon, une autre plus au milieu de la plante du pied et une traînée qui relie les 2, enfin une coulée de sang qui part vers l'extérieur.

Une coulée de sang importante est très visible sur le corps de l'homme du linceul.
Il s'agit d'une
plaie ouverte, en partie détruite par l'incendie de 1532, mais dont il reste assez pour pouvoir l'étudier.
Cette plaie ouverte se situe sous le pectoral droit entre la 4ème et la 5ème côte.
De forme ovale, elle mesure 4,5 sur 1,5 centimètres.
Cette perforation a été faite post-mortem sinon les tissus de la poitrine se seraient rétractés.
C'est un objet perforant qui a pénétré à droite du thorax de façon légèrement oblique en direction du cœur.
Sous la plaie on trouve une grande coulé de sang mêlée à une matière séreuse, elle coule vers le bas du corps, ce qui prouve que la blessure a été faite alors que le corps était à la verticale. Cette même coulée semble se prolonger sur le dos de l'homme du linceul au niveau de ses reins, preuve que la blessure béante continuait à saigner alors que l'homme était cette fois-ci à l'horizontale dans son linceul.Cette blessure a le mérite d’être claire. Elle indique que l’homme du linceul était mort au moment où la lance a pénétré son côté.

Référence :
1- Sur la notion de droite et gauche : Lorsque lʼon regarde le linceul le côté droit de lʼimage est vraiment le côté droit de lʼhomme du linceul. Cʼest un peu comme si lʼimage que lʼon voit sur ce linceul était le reflet dans le miroir de lʼhomme du linceul..
2-
http://e-forensicmedicine.net/Barbet.htm

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