Description du Linceul de Turin
(texte intégrale du livre)Voici pour ceux et celles qui ne connaîtraient pas le linceul de Turin ou qui auraient oublié son histoire, ce quʼest et ce que représente ce linge.


Description
:
Le linceul de Turin est
un tissu de lin jauni par le temps de 4m41 de long
sur 1m13 de large. Il porte des traces de brûlures,
des trous de plus ou moins grandes
tailles et de grandes
taches dʼeau
vestiges
dʼun
incendie qui, en 1532, a failli le détruire. En 1534, pour
éviter la dégradation du linceul suite à
lʼincendie,
les clarisses de Chambéry cousirent
des patchs de lin à lʼendroit
des trous de brûlure et renforcèrent la toile sur toute sa
face arrière (sans image) par une toile de même dimension
(dite toile de Hollande) cousue sur tous les bords du
linceul. Enfin, deux morceaux de tissu manquent en deux
endroits symétriques à une extrémité du linge, enlevés à
une époque inconnue. Cʼest
ainsi que se présentait la relique jusquʼà
sa restauration secrète (et controversée) de 2002. Lors de
celle-ci la toile de Hollande fut enlevée et la face
arrière devint ainsi entièrement accessible depuis plus de
4 siècles et demi. Elle fut remplacée par une nouvelle
toile tandis que les patchs étaient enlevés et non
remplacés. Beaucoup de débris de tissus carbonisés furent
enlevés et conservés, la toile aspirée avec précaution, les
plis aplatis. Le linceul de Turin est maintenant conservé à
plat dans une chasse spéciale à température et humidité
constante, dans une atmosphère de gaz rares pour éviter
toute oxydation.
Ce qui a fait la réputation et la vénération de ce linge
pendant plusieurs centaines dʼannées
cʼest
bien
lʼimage
quʼil
porte. En effet, on peut voir comme “imprimé”,
lʼimage
du corps
dʼun
homme nu, allongé, les mains
croisées sur le pubis. Cette image montre son corps
entier de face et de dos. Sur tout son corps, de face
comme de dos, plus dʼune
centaine de
taches rouges de différentes tailles font
penser à
du sang.
Il nʼy
a pas dʼimage
sur lʼenvers
du linge mis à part quelques taches de “sang” qui ont
traversé.
Histoire :
Lʼhistoire
de ce linge commence de manière certaine à Lirey en France
aux environs de 1357. Il appartient alors à la famille de
Charny. Après de nombreuses péripéties il passe
aux mains de la famille de Savoie en 1453 puis
cʼest
le roi Humberto II qui en fait don au Vatican en 1980. Il
est conservé à Turin à lʼabri
des regards et fera lʼobjet
de plusieurs ostensions dont une en 2010.
Pourtant quelques textes antérieurs à 1357 et bien avant la
date supposée de sa fabrication (entre 1260 et
1390,
nous le verrons plus tard) indiquent
quʼun
linge comportant
une image est vénéré en Orient (à
Edesse puis à Constantinople) sans que
lʼon
puisse affirmer quʼil
sʼagisse
du même linge.
La science
:
Cʼest
à partir de 1898 que la science commence à s'intéresser de
plus près à ce tissu et à cette image. En effet, les
premiers
négatifs photographiques développés cette année là,
montrent un corps dʼune
incroyable perfection anatomique. Depuis ce jour, toutes
les tentatives dʼexplication
sur la formation de cette image nʼont
apporté aucune réponse convaincante. Personne ne sait
comment cette image sʼest
« imprimée »sur ce tissu. À ce jour, des
centaines de recherches dans de nombreuses disciplines
scientifiques, historiques, médicales et autres ont fait de
ce tissu et de son image lʼobjet
archéologique le plus étudié mais aussi le plus controversé
de tous les temps. Cʼest
en 1988 quʼune
datation au radiocarbone est effectuée afin de savoir de
quand exactement date le lin de ce tissu afin de mettre fin à
toute polémique. Et le verdict tombe comme un couperet. Ce
lin date entre 1260 et 1390. Mais comme la science ne cesse
de progresser, de nouvelles découvertes ont tout simplement
changé la donne et lʼhistoire
de ce linceul ne s'arrête donc plus en 1988.
Pourquoi toutes ses études
?
Dès le début de son apparition au XIVe siècle, ce linge a
toujours été considéré, avec une reconnaissance de
lʼéglise
qui variait en fonction du temps, comme le linceul qui a
recouvert le corps de Jésus de Nazareth
lorsquʼil
a été descendu de la croix et mis au tombeau comme décrit
dans les
Evangiles Canoniques. A cela sʼajoute
que lʼimage
de ce corps qui nʼa
pas dʼexplication
scientifique fait forcément penser
au corps de Jésus (même si personne ne connaît
son aspect physique), car outre lʼhistoire
de ce linge dès 1357, le nombre de plaies et leurs
correspondances avec les Evangiles Canoniques font
forcément penser à lui.
Alors dʼoù
vient la polémique et pourquoi tant de passion autour de ce
tissu et de cette image ?
Comme on vient de le voir, lʼimage
de lʼhomme
qui est représenté sur ce tissu nʼest
pas nʼimporte
qui. Jésus de Nazareth a tout simplement changé la face du
monde depuis 2000 ans et des milliards de personnes
lʼont
considéré et le considèrent comme DIEU.
Cʼest
donc un défi considérable que de savoir si ce linceul est ou
nʼest
pas le linceul du Christ car dans un premier temps, si ce
linceul est authentique, se sera la première trace
archéologique, le premier objet (et témoignage) que Jésus
ait laissé sur terre.
Une vraie relique.
Il sʼagit
donc dʼabord
de savoir si dès les premiers jours dʼexistence
“officielle” du linceul à Lirey, cette image a été créée
intentionnellement par lʼhomme
dans le but de tromper.. Le linceul serait alors une fausse
relique de plus, créée à une époque où beaucoup
circulaient.
Cʼest
donc un affrontement, et le mot nʼest
pas trop fort, entre les partisans dʼun
linceul créé de toute pièce au moyen-âge et les partisans
dʼun
linceul authentique.
Quʼest-ce
que cela changerait si il était authentique ou pas
?
Pour les chrétiens, cela ne changerait pas grand chose car
leur foi, et lʼEglise
le précise, nʼest
pas dans la reconnaissance de lʼauthenticité
du linceul. Pour eux le linceul est soit une icône
extraordinaire représentant la passion et la mort de Jésus,
soit au mieux une authentique relique, LA relique des
reliques, remplie de mystères. A ce jour,
lʼEglise
ne sʼest
pas officiellement prononcée sur lʼauthenticité
du linceul de Turin et laisse cette tâche importante à la
science.
Que peut alors faire la
science face au linceul ?
Elle se trouve face à plusieurs difficultés.
La première est que le linceul est un objet unique et
difficilement accessible pour des raisons de conservation et
de préservation de son intégrité. Ce problème
nʼest
pas particulier au linceul (il en est de même pour tout
objet précieux de musée par exemple) mais il est ici
particulièrement sérieux.
La deuxième tient au fait que les différentes disciplines
scientifiques concernées (chimie, physique, médecine légale,
archéologie, histoire, textiles etc..) ont chacune leurs
propres méthodes, leur propre critères de validité interne.
Le linceul implique par essence une recherche
multidisciplinaire et aucune méthode ne peut prétendre à
elle seule avoir le dernier mot.
Que faire lorsque des
résultats semblent contradictoires ?
Enfin et surtout la science peut dire avec une quasi
certitude ce que quelque chose nʼest
pas, beaucoup plus facilement que dʼénoncer
une certitude (par essence toujours
provisoire) sur ce quʼelle
est.
Les critères dʼune
approche authentiquement scientifique du linceul ont été
définis par Raymond Rogers comme suit :
- Rassembler un maximum de données dʼobservation
indubitables en lʼabsence
de toute idée préconçue. Il est en effet très facile, et
cʼest
malheureusement ce qui est trop souvent fait, de
sélectionner à lʼavance
ce qui semble correspondre avec ses propres croyances en
« oubliant » les observations contradictoires.
- Enoncer clairement une hypothèse compatible avec les lois
connues de la science à partir de ces données.
- Confronter cette hypothèse aux connaissances historiques
(replacer les observations dans le contexte), techniques et
autres : confrontation multidisciplinaire.
- Tester si possible lʼhypothèse
en faisant des prédictions sur ce que lʼon
devrait logiquement observer si lʼhypothèse
était vraie : accepter, rejeter ou modifier
(provisoirement) lʼhypothèse
de départ.
Une telle hypothèse ne devient un fait scientifique acquis
(toujours sous réserve de nouvelles découvertes qui
viendraient tout remettre en question) si et seulement si
tous les faits observés concordent. Disons tout de suite
que, concernant la question de lʼauthenticité
ou non du linceul, nous ne sommes pas dans cette situation.
Mais imaginons que ce soit le cas. Que nous dirait au mieux
la science ?
- Le linceul est un objet médiéval : la datation au
carbone 14 de 1988, les techniques de tissage, les
indications historiques seraient en accord. Rien, dans
aucun domaine, nʼindiquerait
une origine plus ancienne. Dans ce cas il
sʼagirait
bien dʼune
fausse relique médiévale. Reste à expliquer
lʼimage
avec toutes ses propriétés étonnantes comme nous le
verrons. Il sʼagirait
alors dʼune
des plus grandes énigmes de lʼhistoire
de lʼart
et de ses techniques, un objet unique qui mériterait encore
toute lʼattention
des chercheurs.
- Le linceul nʼest
pas médiéval et tout oriente vers une origine bien plus
ancienne et vers le Moyen-Orient.
Une possible nouvelle datation donne un âge
dʼenviron
2000 ans et tout indique que le linceul a bien enveloppé un
corps.
Il serait alors difficile à la science, compte-tenu, des
caractéristiques des plaies, de ne pas affirmer avec un haut
degré de certitude que lʼon
a bien retrouvé lʼauthentique
linceul de lʼhomme
Jésus de Nazareth.
Lʼargument
disant que, même dans ce cas de figure, la science ne pourra
jamais prouver quʼil
sʼagit
bien de Jésus est tout de même assez spécieux. Il faudrait
alors admettre en retour que ce que décrivent les évangiles
de la Passion est avéré. Le débat sur lʼhistoricité
des Evangiles en général serait alors éclairé
dʼun
jour nouveau. Il resterait encore le problème de la
formation de lʼimage.
Dans tous les cas et par essence la science ne pourra dire
que ceci : soit lʼimage
sʼest
formée de façon naturelle (parce quʼelle
aura pu le prouver), soit lʼimage
est inexpliquée en lʼétat
actuel des connaissances. En aucun cas elle ne pourra
« prouver » le miracle de la Résurrection.
Le raisonnement qui consiste à dire : puisque la
science ne peut pas lʼexpliquer
alors cʼest
un miracle est par nature non scientifique.
Quel est alors le but
de ce
livre ?
Démêler le vrai du faux, sans polémiques, sans arrières
pensées, démonter les faits, discuter des hypothèses, et
aussi admettre que parfois on ne sait pas sans vouloir
inventer à tout prix. Si le linceul est authentique
cʼest
à la science de le dire, de même si cʼest
un faux. Lʼéglise
ne se prononce pas, ce nʼest
pas son rôle. La science du linceul avance
aujourdʼhui
encore, comme nous le verrons.
Où
en est-on actuellement ?
Jusquʼen
1988, toutes les études tendaient à montrer que
lʼimage
nʼétait
pas le résultat dʼune
peinture, quʼaucun
faussaire ne pouvait avoir produit celle-ci pour de
multiples raisons concordantes et que ce linceul avait bien
recouvert un cadavre qui nʼétait
pas resté plus de 48 heures dans ce tissu, et que tout
portait à croire que cʼétait
Jésus de Nazareth. Mais en 1988, Le carbone 14 date le
tissu des années 1260-1390. Pour les scientifiques, la messe
est dite.
Le carbone 14 était un contre tous mais son résultat était
clair, le linceul est un faux du moyen-âge. La méthode de
datation étant validée et utilisée depuis longtemps, cette
seule preuve a suffit à anéantir tous les travaux antérieurs
comme sʼils
nʼavaient
jamais existé. Et dans lʼesprit
de beaucoup, nous en sommes encore là, et tant pis pour les
contradictions.
Or, lʼhistoire
ne sʼarrête
pas là. Car un de ces savants qui étudièrent sur place le
linceul en 1978 et qui admettait la datation au carbone 14,
Raymond Rogers, éminent chimiste, se décida dans les années
2000 à étudier de près quelques fils prélevés en 1973 à 2 ou
3 centimètres de la zone qui sera datée 15 ans plus tard au
carbone 14.
Et ce quʼil
y découvrit allait tout changer…
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