L'histoire du linceul de Turin
En 1988, la méthode scientifique du carbone 14 datait le linceul de Turin entre 1260 et 1390. C'est vers 1357 à Lirey en France, que le linceul de Turin tel qu’on peut le voir actuellement fait son apparition dans la famille de Charny. Cette dernière procède aux premières ostensions du Linceul.
Son histoire à partir de là est bien connue et attestée. Quelques dates importantes sont à retenir pour parvenir jusqu'à Turin :
- C'est dans le milieu du XIVe siècle que le chevalier Geoffroy de Charny entre en possession du linceul. Bien qu’il n’en ait jamais fait mention, ce sont les paroles de son fils Geoffroy II de Charny qui lui en attribuent la paternité. (Les circonstances de l’acquisition du linceul par Geoffroy de Charny ne sont pas certaines. Nous verrons les hypothèses les plus courantes un peu plus loin).
- 1357 - Les premières ostensions publiques et officielles du linceul du Christ par la veuve de Geoffroy de Charny, Jeanne de Vergy, sont organisées à Lirey.
- 1453 - Le linceul est cédé au Duc Louis de Savoie par Marguerite de Charny, petite fille de Geoffroy de Charny, et arrive à Chambéry.
- 1532 - Incendie dans la Sainte Chapelle de Chambéry, la nuit du 3 au 4 décembre. Le linceul, enfermé dans un coffre d’argent, est sauvé, mais des traces de feu et d’eau sont encore visibles.
- 1578 - Le linceul arrive à Turin le 14 Septembre.
- 1898 - Première Photo du linceul par Secundo PIA.
- 1980 - Le linceul est cédé par le roi Humbert II au Vatican qui en devient propriétaire.
La dernière ostension a eu lieu à Turin en 2000.

Jusque là, la méthode scientifique du carbone 14 et la recherche historique donnent approximativement le même âge au linceul de Turin : le XIV ème siècle.
L'histoire documentée et la science sont donc d'accord, alors pourquoi chercher plus loin...?
Pour de nombreuses raisons concernant l’étude du textile lui- même, des raisons historiques et enfin l’ensemble des données scientifiques réunies avant la datation au carbone 14.
Par exemple, ce serait négliger les découvertes de certains historiens (1) à propos de nombreux textes qui évoquent un linge "non fait de main d'homme" qui pourrait correspondre à ce linceul.
Il faut préciser une chose. Les documents retrouvés ne font pas dans la plupart des cas de description détaillée du linceul ou n’en parlent pas directement mais recoupent d’autres informations qui pourraient permettre de l’identifier ou bien concernent son acquisition par Geoffroy de Charny. En tous cas, ces hypothèses et/ ou conclusions de référence sont toujours fondées sur des documents écrits historiquement datés.

Pour connaître l'histoire du linceul de Turin et surtout savoir si dans l'histoire un linge avec une image a été vénéré avant 1357 et découvrir les dernières études à ce sujet, lisez
le livre sur le linceul de Turin. Dans ce livre, les sujets suivants sont abordés:

- Quand pour la première fois parle-t-on d'un linceul qui a recouvert le corps de Jésus dans son tombeau ?
- L’image d’Édesse ou le Mandylion - Est-ce le linceul ?
- Le
Mandylion est redécouvert
- Le
Codex de Pray - Une preuve ?
Correspondance codex/linceul
Différence codex/linceul
- Le Mandylion disparaît : le trou historique
- D’où vient ce linceul ?
- « L’affaire » Pierre d’Arcis
- Conclusion sur l’histoire du linceul de Turin

MAJ du 13 Avril 2009 :

L'Osservatore Romano a rendu publique un document découvert par Barbara Frale chercheuse dans les archives secrètes du Vatican.

Ce document qui date de 1287 est la description du rite d'initiation d'un jeune Templier, Arnaut Sabbatier, où il déclare avoir été dans une salle réservée aux frères du Temple et avoir vu une grande toile de lin avec l'image d'un homme qu'il devait vénéré et dont il devait embrasser l'image des pieds trois fois.

Qu'apporte ce document :
- On peut éventuellement en déduire que cette toile et cette image devait être "l'idole" que vénéraient les Templiers. Mais il reste encore à trouver d'autres documents pour le confirmer.
- cette image était donc un homme en "entier" des pieds à la tête.

Il n'y a pas plus de détail pour l'instant. Il faut donc rester prudent avant de faire le lien avec le linceul de Turin.

MAJ de Juillet 2009 :

Grâce à la collaboration et la traduction d'un
membre du forum, voici ce que Barbara Frale propose comme recherche concernant le lien entre Geoffroy de Charny, le détenteur du linceul, et Geoffroy de Chagny le Templier :

"Barbara Frale vient tout juste sortir un livre en italien : I templari e la sindone di cristo dans lequel elle répond à l'objection d'une différence entre Charny, précepteur de Normandie mais surnommé le "berruyer" (originaire de la champagne berrichonne), et Charnay.

Extrait traduit par moi:
"Je me permets de faire remarquer que dans un registre administratif du temps de Philippe VI le nom du premier propriétaire du suaire est retranscrit sous la forme de Charneyo et aussi Charni, Charnyo ou bien Charniaco exactement comme pour son parent templier Geoffroy mort sur le bûcher le 18 mars 1314 avec Jacques de Molay.
"Un tel raisonnement, qui coupe les cheveux en quatre sur des variantes d'orthographe du latin médiéval, peut uniquement être donné en pâture à des personnes qui n'ont aucune pratique des documents médiévaux."

Frale parle aussi des recherches de Thierry Castex concernant une inscription hébraïque. On pourrait lire sous le menton la racine ms’, commune à l’hébreu et à l’araméen et une deuxième séquence pourrait être nw ou bien ky. Cela voudrait dire « nous avons trouvé » (nw ms) ou « parce que trouvé » (ky ms). Ce fragment d’une phrase plus longue pourrait être un renvoi à Luc, 23, 2, qui formule une accusation précise : « Nous avons trouvé cet homme mettant le trouble dans notre nation, empêchant de payer les impôts à César et se disant Christ-roi »

Ce livre de Frale sur les Templiers et le suaire n’est en quelque sorte que le premier volume. Un second est prévu, La sindone di Gesù Nazareno, dédié entièrement aux nouvelles questions historiques posées par les découvertes récentes. Il donnera sûrement plus de précisions concernant cette question des inscriptions."

En résumé Frale dit :
*même nom, transcrit plutôt fidèlement, voire beaucoup mieux que dans des cas similaires.
*même origine puisque le Charny-Templier était surnommé "le berruyer" ce qui est une allusion à la Champagne Berrichonne-région où vit et se développe la famille du porte-oriflamme au milieu du XIVème."


Donc, selon elle, "le précepteur templier de Normandie Geoffroy de Charny et le porte-oriflamme de France qui possédait le suaire à la moitié du XIVème siècle appartenaient selon toute probabilité à la même famille, même si les archives ne permettent pas de voir en détail quel fut le lien exact de parenté""

Le lien semble donc fait entre les 2 personnes. Mais il ne dit pas que le linceul est appartenu aux Templiers.

Peut-on aller plus loin dans l'interprétation? De toute manière, le rite d'initiation du jeune Sabbatier ferait remonter le linceul au plus tôt en 1287.

Pour ceux qui comprennent l'italien il y a cet article qui parle de la découverte de Barbara Frale :
http://www.lastampa.it/redazione/cmsSezioni/cultura/200907articoli/45702girata.asp


Références :

1 - Voir l’étude sur le site :
http://www.suaire-turin.com/dubarleyl.htm
- A lire également : Ian Wilson –« Le Suaire de Turin - Est-ce là Le Visage Du Christ ? » - Albin Michel - 1978

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