La formation de l'image
En collaboration avec le site www.suaire-science.com
Quelles sont les principales catégories d’hypothèses ?
Pour les trois premières catégories, le point commun de départ est que le linceul est bel et bien l’authentique linge mortuaire de Jésus-Christ. Trop d’éléments pointent dans cette direction et l’image ne peut pas résulter d’une volonté humaine (« non fait de main d’homme ») pour les nombreuses raisons vues plus haut.
Première catégorie : « le miracle du premier ordre »
La Résurrection est seule capable d’expliquer le mystère de l’image et celle-ci prouve celle-là.
C’est la résurrection de Jésus de Nazareth qui aurait laissé « l'empreinte du corps » et toutes les caractéristiques de l’image que l'on connaît actuellement.
L’image résulterait indirectement de la « dématérialisation » du corps de Jésus, celle-ci ayant entraîné un phénomène physique qui serait à l’origine de l’image. Différents phénomènes physiques, le plus souvent des radiations de différents types ont été étudiés. Les plus « intransigeants » de ces chercheurs vont jusqu’à dire que le linceul « prouverait » la résurrection. En dehors des problèmes théologiques posés par une telle assertion, il est clair que jamais la science ne pourra prouver la résurrection. Elle est clairement hors de son domaine. Au mieux, la science peut dire : « en l’état actuel des connaissances, l’image est inexpliquée par les processus naturels connus » ce qui ne veut pas dire qu’elle est inexplicable définitivement et encore moins qu’un phénomène surnaturel est en jeu. La science s’est précisément construite en opposition avec ce type de raisonnement.
Deuxième catégorie : le « miracle de deuxième ordre »
Pour d'autres, l'image n'est pas due à la résurrection, mais serait due à un processus naturel tout à fait exceptionnel. C’est le cas par exemple des tenants de l’hypothèse de la décharge d’électricité électrostatique (« Corona discharge ») qui semble en effet expliquer beaucoup des caractéristiques de l’image. Mais un tel phénomène suppose des conditions tellement exceptionnelles qu’elles relèveraient presque du miracle.
Troisième catégorie : un phénomène naturel
L’image résulterait d’un phénomène naturel (phénomène de Maillard entre les gaz émis par le cadavre et certains constituants du linceul, réaction entre la sueur et le linceul sensibilisé par divers produits, etc…).
Pour les partisans du phénomène naturel (Ray Rogers en tête), il n’y a pas de miracle et l’origine de l’image doit être cherchée dans une cause rationnelle, une réaction chimique naturelle. N’importe quel corps, dans les mêmes conditions (qui restent à trouver) est susceptible de donner le même type de réaction et d’image. Ces conditions en elles-mêmes n’ont rien d’extraordinaire et doivent être recherchées dans les coutumes de l’époque et du lieu et la composition chimique de surface du lin résultant des méthodes de fabrication antiques et des conditions du corps résultant de la crucifixion. Une objection légitime souvent faite à ce type d’explication consiste à demander pourquoi, dans ces conditions, aucun autre linge mortuaire connu ne porte une telle « empreinte ». La réponse avancée est que la décomposition complète d’un corps, par les produits de celle-ci, induit la disparition d’une éventuelle image pré-existante d’une part et que d’autre part la quasi-totalité des linceuls antiques que nous avons proviennent des momies égyptiennes qui utilisaient des méthodes de fabrication et de blanchiment du lin (natron) empêchant toute formation d’une empreinte équivalente. Simplement, si l’on peut dire, le cas du linceul du Christ est unique en ce sens que trois événements successifs ont eu lieu dont la probabilité globale pour tout autre linge mortuaire est quasi-nulle :
Méthodes de fabrication du linge et coutumes d’ensevelissement créant les conditions favorables à certaines réactions chimiques au contact du corps à l’origine de l’image (qui a pu se développer d’ailleurs très lentement sur des années).
Retrait ou disparition du corps avant la putréfaction (soit environ 30 à 40 heures après le décès).
Conservation du tissu dans d’excellentes conditions pour des raisons religieuses tout au long de son histoire.
Chacune de ces conditions est indispensable à la formation et à la conservation de l’image et la probabilité globale théorique est très faible sauf, précisément, dans le cas du linceul du Christ.
L’essentiel est de bien voir que ce type d’explication reste strictement dans le cas de la science en ne faisant appel qu’à des phénomènes chimiques bien connus par ailleurs et à des hypothèses historiques défendables. Chaque étape est potentiellement et théoriquement testable. C’est la voie ouverte par Paul Vignon au début du xxe siècle avec la théorie de la vaporographie et poursuivie depuis avec de multiple variantes jusqu’à Ray Rogers très récemment comme nous le verrons.
Ici le croyant pourra y lire un signe de la Providence pour notre temps sans forcément y voir un lien direct avec la Résurrection alors que le non-croyant y verra un objet archéologique unique, éventuellement source de questionne-ments.
Quatrième catégorie : le linceul est tout simplement un faux, fait par un génial inventeur qui n'aurait fait qu'un seul exemplaire sans que ni sa technique ni son identité soient connues. Dans cette catégorie, les tenants, de plus en plus rares, de la simple peinture (Mc Crone) côtoient ceux qui, prenant en compte certains résultats des études scientifiques, essaient, sans succès jusqu’ici, de trouver une technique disponible au Moyen Âge, expliquant les observations (bas-relief, chauffage, proto-photographie, etc.). Il est intéressant de noter que dans cette dernière catégorie, les chercheurs prennent en compte l’impossibilité évidente pour l’inventeur du Moyen Âge, aussi génial soit-il, de créer volontai-rement une image ayant des propriétés extraordinaires décelables uniquement au xxe siècle. Ces propriétés (négatif parfait, tri-dimensionnalité en particulier) seraient alors des conséquences involontaires de la technique utilisée.
Quelles que soient les hypothèses sur la formation de l’image, elles doivent être compatibles avec les propriétés optiques acceptées de façon consensuelles par les scientifiques.
Pour ce qui concerne les propriétés chimiques de la coloration, nous avons vu qu’elles ne faisaient pas consensus. Si l’on pense, comme Walter Mc Crone et la plupart des « sceptiques militants » qu’il s’agit simplement d’une peinture, alors le faux est une évidence et il reste à trouver quelle méthode a été utilisée pour rendre compte des propriétés optiques très spéciales de l’image.
Si on admet le contraire, on suit les conclusions unanimes des nombreux chercheurs du STURP qui ont eu accès au linceul lui-même à savoir que la coloration ne résulte d’aucune substance ajoutée, peinture, teinture ou autre. Alors il reste à trouver quel phénomène a pu créer l’oxydation-déshydratation de surface des fibres.
L’image est une création humaine volontaire.
C’est bien entendu la seule possibilité si l’on pense qu’il s’agit d’une fausse relique datant du Moyen Âge comme semblait l’indiquer la datation au carbone 14.
Dans ce cadre, nous allons maintenant étudier quelques-unes des techniques les plus connues qui tentent de prouver une intervention humaine ou naturelle.
Le détail des études faites sur les différentes hypothèses de la fabrication de l'image sont dans le chapitre sur la formation de l'image du livre sur le linceul de Turin avec des liens directs sur les études détaillées du site www.suaire-science.com :
1ère méthode : Le transfert de poudre
2e méthode : La théorie de la protophotographie
3e méthode : Le chauffage par contact
4e méthode : La théorie de l'ombre portée
5e méthode : Le bas-relief
6e méthode : La réaction de Maillard
7e méthode : Les théories des radiations
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