La crucifixion de l'homme du linceul de Turin


graffiti d'un romain se moquant du dieu crucifié des chrétiens
Qu'était exactement la crucifixion ?

Cette méthode d'exécution, empruntée notamment aux Perses, a été très utilisée dans l'Empire Romain.
Lorsque les Romains occupaient le bassin méditerranéen les exécutions par crucifixion étaient courantes et pratiquées sur les esclaves et les criminels, mais aussi lors de répressions contre les révoltes locales.
Des documents rapportent de terribles exécutions romaines, notamment lors de la révolte de Spartacus entre 73 et 71 av. J.-C., lorsque 6000 esclaves furent crucifiés le long de la Via Appia. En 70 ap. J.-C., l'historien juif Flavius Josèphe décrit la révolte des Juifs contre les Romains, entre 66 et 70, et indique que 500 crucifixions par jour étaient effectuées par les bourreaux romains. Ils avaient donc un « savoir-faire » certain dans cette manière d'exécuter les condamnés. Mais il n'y avait pas un mode d’emploi défini, les exécutions dépendant du nombre de condamnés ou de la cruauté des bourreaux.
Certains documents permettent de faire des suppositions sur la manière et le matériel utilisé pour ces exécutions.
Comme on l’a vu au chapitre précédent, on sait qu'il y avait plusieurs sortes de croix :
- La « crux simplex » était un simple poteau ou le tronc d'un arbre.
- La « crux immissa » ou « crux capitata » une croix complète
- Enfin la plus utilisée, la « crux commissa », une croix en forme de « T » composée de deux parties. Une partie déjà plantée sur le lieu de l'exécution, le « stipes » et l'autre partie était emmenée directement par le condamné, le « patibulum ». Pesant entre 20 et 40 kilos, le « patibulum » venait s'emboîter sur le haut du « stipes ».
Certaines autres croix étaient en forme de « X » comme la croix de St André par exemple. Mais la crucifixion n’avait pas de règle ni de norme. Chaque exécution devait être avant tout efficace et rapide à mettre en oeuvre.
Pour la croix en forme de « T », le condamné était déshabillé, couché sur le dos puis attaché ou cloué au « patibulum ».
Ensuite les Romains soulevaient l’ensemble jusqu’au sommet du « stipes » et encastraient le patibulum dans une rainure. Enfin, relevant
les pieds du condamné et ils les fixaient au « stipes ». Cela ne prenait que quelques minutes.

La manière de fixer les condamnés pouvait varier là aussi.
Soit les condamnés étaient attachés par les bras et les pieds à l'aide de cordes, soit ils étaient cloués aux
avant-bras ou aux mains ainsi qu'aux pieds de différentes manières là aussi.
Le supplice de la croix était fait pour que le condamné souffre le plus longtemps possible.
Pour prolonger l'agonie sur la croix, les Romains plaçaient parfois à mi-hauteur une sorte de petit siège en bois le « sédile » qui permettait au supplicié de s'asseoir dessus afin de soulager la pression sur les mains et les pieds.
Le supplice pouvait durer des heures voire même un ou deux jours dans certains cas.
Enfin, pour accélérer si besoin la mort, les bourreaux n'hésitaient pas à briser les jambes du condamné.

Une preuve archéologique vient confirmer l’une des méthodes de crucifixion pratiquée par les Romains.
C'est en Juin 1968 que des bulldozers israéliens, préparant un terrain pour la construction d'un immeuble, mirent à jour un ancien cimetière juif qui renfermait des squelettes datant entre 100 av. J.-C. et 100 ap. J.-C.
L'un d'entre eux en particulier attira l'attention de Vasilios Tzaferis l'archéologue du service des Antiquités et des Musées Israéliens. Le squelette en question avait les deux talons maintenus par
un grand clou en fer de 17 cm de long avec sous la tête du clou des traces d'une plaque en bois afin peut-être de maintenir le clou contre le pied.
Des traces d'usure ont été trouvées sur les os de ses avant-bras ce qui prouve que des clous ont été planté à cet endroit. Ses jambes étaient très repliées et ses bourreaux lui avaient donc cloué les deux pieds sur un côté du « 
stipes ». Des recherches ont permis de savoir qu'il avait entre 24 et 28 ans au moment de sa mort sur la croix. Son nom était « Jéhohanan ».
Ceci prouve que les formes d'exécution variaient d'un individu à un autre.

Voici maintenant les blessures qui ont fait une partie de la réputation du linceul et qui ont le plus intrigué et divisé les médecins et autres scientifiques.
Lorsque l'on continue l'examen des blessures infligées à l'homme du Linceul, on arrive aux mains et aux pieds.
Que constate-on visuellement ?
Sur les avant-bras, on distingue des coulées sanguines obliques qui se dirigent vers les coudes.
La main droite(1) ne fait apparaître que quatre doigts en hyper- extension et serrés entre eux.
Il manque le pouce.
La main gauche ne possède aussi que quatre doigts, le pouce manque ici à l'appel, et les doigts sont semi-fléchis. Sur cette même main gauche au niveau du poignet, on remarque une tache de sang avec deux coulées importantes. Cette tache provient d'un trou bien visible d'environ 8 mm de diamètre.
Le pouce gauche n'est pas visible, mais on ne peut pas dire s’il est sous le poignet droit comme si la main gauche encerclait ce poignet droit, ou si ce pouce est placé sous la paume de la main gauche.
On remarque aussi que l'écoulement sanguin sur les avant-bras possède deux directions et que les angles par rapport à la verticale sont de 55° et 75° ce qui signifie, selon l’hypothèse la plus admise, que les avant-bras et donc le corps entier oscillaient entre deux positions, une haute et une basse.
Les avant-bras étaient donc orientés vers le haut.
Le débat se situe au niveau de l'emplacement du clou.
Seul le poignet gauche nous montre la plaie faite aux « mains » par la crucifixion.
Mais il faut bien avoir en tête que nous ne voyons que l'endroit où est sortie la pointe du clou et non l'entrée.
Il y a deux hypothèses concernant le point d’entrée du clou:
1) La première hypothèse la plus connue, et la plus souvent admise, est celle du
Docteur Pierre Barbet.
2) La deuxième hypothèse est celle du
Dr Frederik Zugibe, médecin légiste américain.

L'étude détaillée de ces différentes hypothèses se trouve dans le livre du
linceul de Turin.

Références :

1- Sur la notion de droite et gauche : Lorsque l’on regarde le linceul le côté droit de l’image est vraiment le côté droit de l’homme du linceul. C’est un peu comme si l’image que l’on voit sur ce linceul était le reflet dans le miroir de l’homme du linceul.

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